Japon à Paris : Tokyo Crazy Kawaii Paris

Le Japon à Paris se porte bien ! Si depuis 1999 l’édition annuelle de Japan Expo est devenue une référence pour les amateurs de la culture populaire japonaise en France, la première édition du Tokyo Crazy Kawaii Paris du 20 au 22 septembre derniers a été une réussite.

Japon à Paris : Tokyo Crazy Kawaii Paris

japon à paris

La stratégie Cool Japan

Ce festival est né de la volonté du gouvernement japonais d’organiser un événement d’envergure pour décliner sa stratégie d’influence culturelle lancée en 2012 et baptisée « Cool Japan ». La ministre d’État Tomomi Inada, chargée de promouvoir le Japon au travers de son industrie culturelle, a du reste effectué une visite surprise le dimanche 22.

En matière de soft power, le Japon doit faire face à la montée de la Corée du Sud, alors que l’engouement culturel autour de la K-Pop, des séries télé coréennes et du chanteur PSY est désormais résumé sous le terme de « hallyu ». La stratégie Cool Japan est ainsi dotée de 750 millions d’euros.

Organisé au parc floral, le Tokyo Crazy Kawaii Paris a cherché à reproduire les différentes ambiances des quartiers les plus connus de Tokyo. 1,5 millions d’euros ont été investis, financés à 50 % par les autorités nippones, le reste étant pris en charge par des sponsors japonais et les exposants.

L’origine du mouvement kawaii

Depuis les années 90, les lycéennes japonaises ont pris l’habitude de profiter du week-end pour délaisser l’uniforme scolaire imposé le reste de la semaine et arborer des looks enfantins et colorés. Cette tendance a été ensuite présentée sous le nom de kawaii, qui fait référence à tout ce qui est mignon.

Deux égéries du mouvement étaient invitées à Paris. D’un côté, Kimura U, femme-enfant, immédiatement moquée par les ricanements bien-pensants du Petit Journal. De l’autre, la photographe Julie Watai qui mélange habilement les accessoires de mode kawaii aux composants électroniques.

Julie Watai et son rack informatique
Julie Watai et son rack informatique

L’exploration du salon en lui-même était très agréable, non seulement grâce à l’organisation par quartier, mais aussi grâce aux nombreuses animations qui ponctuaient la journée.

Shibuya, centre de la mode

Le salon s’ouvre avec les boutiques venues de la tour Shibuya 109, célèbre centre commercial de Tokyo entièrement dédié à la mode. Des ateliers maquillage sont proposés, on peut également essayer des habits d’écolières sur le stand de la revue japonaise pour ados Pichilemon.

La file d’attente est impressionnante pour un photomaton un peu spécial, puisque les photos qui en sortent ont tendance à agrandir les yeux et rendre les traits du visage plus kawaii, petits cœurs en plus. Ces photos autocollantes sont destinées à orner la coque du téléphone portable.

TOKYO CRAZY KAWAII PARIS AU PARC FLORAL DE PARIS  |

Harajuku, quartier branché

Comme le mentionnait Gabriel dans son article sur les rappeurs français et l’Asie, Harajuku est le quartier privilégié par la jeunesse tokyoïte pour se retrouver le week-end et exprimer toute sa créativité vestimentaire.

Le kawaii se décline en style chic et glamour, gothique et même hip-hop. On revient sur les origines du mouvement, initié par Rune Naito, dessinateur disparu en 2007. Le kawaii exprime une certaine joie de vivre et imprègne tous les aspects du quotidien, bien au-delà de la mode.

TOKYO CRAZY KAWAII PARIS AU PARC FLORAL DE PARIS  |

Akihabara, électronique et mangas

Les jeunes talents de J-pop et de l’électronique japonais se produisent sur une petite scène. Le stand Hello Kitty réveille le dernier caprice des enfants au moment d’acheter un cartable pour la rentrée, pendant que Sega s’évertue à faire danser en rythme les spectateurs à partir des instructions d’un jeu vidéo.

Côté mangas, les auteurs français sont représentés sur plusieurs stands. On s’amuse des chanteuses en hologrammes créées grâce à la technologie Vocaloid.

TOKYO CRAZY KAWAII PARIS AU PARC FLORAL DE PARIS  |

Tsukiji, le marché aux poissons

On découvre l’art de découper un thon rouge entier pour la préparation des sushis. Des stars de la gastronomie nippone sont présentes, notamment Aoki, célèbre pour son bouquet de sushis. Les nouilles ramen sont aussi célébrées, comme dans l’article sur la cuisine et le cinéma asiatique.

TOKYO CRAZY KAWAII PARIS AU PARC FLORAL DE PARIS  |

Traditions nippones

Un quartier est dédié enfin aux traditions nippones, au travers de la cérémonie du thé notamment. On passe devant les porcelaines de chat porte-bonheur (Maneki-neko), les kimonos (Yukata), mais c’est surtout l’exposition ShojonoTomo qui retient l’attention. Elle est consacrée aux adultes à l’âme d’enfant.

1481828_pic_970x641

Défilé de mode, concours de cosplay et concerts

Sur la scène kawaii, plusieurs défilés de mode ont eu lieu, sous les yeux admiratifs des spectateurs. La scène extérieure était dédiée aux concerts de J-pop et de rock, mais aussi aux concours de cosplay.

Dans une ambiance potache, les différents sketchs des participants du concours cosplay se sont révélés très amusants. On y célèbre toutes les formes de culture populaire, l’un reprenant le personnage d’un jeu vidéo méconnu de Sega, l’autre se moquant gentillement des tubes américains pour faire la fête. Le tout est joyeusement geek, avec bruit d’erreurs Windows inclus dans les bandes sonores des concurrents.

Les concerts célèbrent aussi une certaine manière de se sentir bien dans le personnage que l’on se crée. Girls band de travestis, avec Bijo Men Z, chanteuse d’origine polonaise, avec Anna Tsuchiya et rock du groupe Spyair.

Destination Tokyo Narita ?

Vous pouvez revoir les images du Tokyo Crazy Kawaii Paris en diaporama.